Géomorphologie
glaciaire de la vallée
de Chamonix Glaciers...
Anatomie
Caractéristiques
et infos
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"Qu'on
se figure une mer agitée par des vagues et qui gèle
instantanément et vous
aurez
l'image assez
exacte que présentent les glaciers." (Altmann).
La
Mer de Glace, dans
le massif du Mont-Blanc,
s'étire sur plus de 12 km de longueur, entre 3900 et 1400 mètres
d'altitude.
L'épaisseur du
glacier, mesurée au glacier du Tacul, atteint plus de 400 mètres. D'autres
forages
effectués pour
la compagnie Electricité de France ont permis de constater qu'à
l'aval du Montenvers,
le glacier,
large à cet endroit de 500 à 700
mètres, a encore
une épaisseur d'une centaine de mètres. On peut estimer le volume de glace
accumulée
à près
de 4 milliards de m3. ( Robert Vivian ) |

| Descendant du Dôme du Goûter et du Grand Plateau, le glacier des Bossons (990 ha) constitue un des éléments principaux de la toile de fond glaciaire du site chamoniard. Le bassin d’alimentation du glacier, peu distinct dans sa partie supérieure de celui de Taconnaz, s’individualise de part et d’autre d’une ligne jalonnée par les Grands Mulets (3051 m) et le Dôme du Goûter (4034 m). Toutes les glaces issues des faces Ouest et Nord du Mont-Blanc (4807 m) convergent vers 3000 mètres pour alimenter par une spectaculaire cascade de glace la langue terminale du glacier des Bossons. Au niveau de la Pierre à l’Echelle (2300 mètres), le glacier a encore une largeur d’environ 1200 mètres. La vitesse du glacier à cet endroit dépasse 1 mètre par jour en moyenne. La langue glaciaire, après deux ressauts à 2600 et1850 m, se termine en un chaos de glace à moins de 1350 m. d’altitude. Robert Vivian. |

| Dans
la nuit du 24 au 25
septembre 1920, une
violente crue de l'Arveyron a inondé
la plaine de Chamonix.
Des blocs de glace de près d'un
mètre
cube ont été retrouvés
jusqu'à Annemasse, à 70 Km de là.
Photo
du 26 septembre 1920
( Mer de glace )
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| Dans le massif du Mont-Blanc, sous le glacier d'Argentière, reconnaissance de la cavité sise sous 100 mètres de glace et dans laquelle seront installés des capteurs thermographiques ainsi que des cavitomètres mesurant la vitesse de glissement du glacier (soit un mètre par jour à cet endroit dit "Séracs de Lognan") |

| Le glacier d'Argentière. A cet endroit, le glacier qui a environ 600 mètres de large est épais d'une centaine de mètres. La barre rocheuse qui traverse la vallée de part en part est franchie par le glacier à une vitesse qui a été mesurée à la base du glacier : elle est de l'ordre d'un mètre par jour en moyenne. Ces fortes vitesses justifient la présence des séracs dont on notera cependant qu'ils n'affectent que la partie superficielle du glacier, celui-ci restant à sa base très homogène et continu… ce qu'explique bien la visco-plasticité de la glace. |


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Spectaculaire
crue des années 80 sur la langue d'Argentière ! Le
glacier avance au niveau du front mais surtout gonfle à l'aval de la chute de séracs
de Lognan
jusqu'à menacer l'existence d'un pylone de
téléphérique. Ici sont présentées
trois vues prises
au même lieu.
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en
1971 le
glacier est encore loin de la base du pylone (à noter la roche
polie par un passage antérieur du glacier) ;
- en
1975
le glacier est arrivé au pied du pylone (bourrelet
morainique de poussée qui a recouvert la zone de roche polie).
-
en
1981
le
glacier est ici épais d'une vingtaine de mètres (seule
dépasse le haut du pylone). La circulation du
téléphérique est
perturbée. Des travaux de dégagement de la glace sont
nécessaires pour le passage de la cabine du
téléphérique.
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Observations dans
les Alpes françaises, du PAG à nos jours.
L’avance marquée des glaciers alpins pendant le PAG est certainement la conséquence de conditions climatiques plus favorables aux glaciers. Pendant cette période historique, le climat était plus froid et humide. Ainsi, le retrait actuel et la diminution de volume des glaciers alpins sont partiellement dus à des conditions climatiques qui se rapprochent des valeurs moyennes de l’Holocène. Cependant, il est très probable que le réchauffement global récent ait accentué cette tendance existante de retrait glaciaire. Par exemple, en 2001, le front de la Mer de Glace était approximativement 2.2 kilomètres plus haut que son extension maximale au cours du PAG et en 2006, cette valeur atteignait 2.3 kilomètres. L’analyse des bilans de masse glaciaires français révèle quatre périodes principales : Entre le début du 20e siècle et 1941, les glaciers alpins français ont perdu un peu de masse. Entre 1942 et 1953, les glaciers ont subi des déficits importants à cause de précipitations hivernales réduites et d’importantes ablations estivales. Entre 1954 et 1981, les bilans de masse sont généralement positifs et ont induit une période marquée de crue glaciaire (plusieurs centaines de mètres pour le front de la Mer de Glace, le glacier d’Argentière et des Bossons dans le massif du Mont Blanc) Et depuis 1982, les bilans de masse sont en déficit à cause d’un niveau élevé d’ablation estivale (de 1.9 mètres à 2.8 mètres à 2 800 m d’altitude). Ceci est dû à une augmentation importante du bilan énergétique. Concernant les pics montagneux de haute altitude, une étude récente menée sur les parties sommitales englacées du Mont Blanc (4 810,90 m) et du Dôme du Goûter (4 300 m) montrent que, contrairement à ce qui a été observé dans les langues glaciaires du massif du Mont Blanc, il n’y a pas eu de changement majeurs d’épaisseur détectés sur la période 1905-2005 pour la majeure partie de la zone d’étude. . Par contre, les températures de la glace au Col du Dôme du Goûter (4 250 m) ont clairement augmenté de 1°C à 2°C (jusqu’à 80 mètres de profondeur) entre 1994 et 2005. Si cette évolution se poursuivait, elle pourrait transformer des glaciers « froids » en glaciers « tempérés », avec des conséquences pour la stabilité à long terme des glaciers suspendus. |