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Aout 2012, vu du ciel le recul est bien visible et spectaculaire, (photos Hugues Bourdelle)           Mise à jour, photo juin 2013

Ecole de glace sur la Mer de glace, (sur Viméo pour HD tout écran) Nouvelle version courte avril 2013.


D'une superficie de 40 km2 et d'une longueur de 7 km, la Mer de glace est le plus grand glacier de France métropolitaine.
Sa largeur varie de 700 à 1 950 mètres et l'épaisseur de la glace est en moyenne de 200 mètres, pouvant dépasser parfois 400 mètres.
La Mer de Glace se développe sur 2 500 mètres de dénivelée, entre 3 900 m et 1 400 m d'altitude.

Véritables phénomènes vivants, les glaciers bougent constamment.
La Mer de Glace ne déroge pas à cette règle, avec un glacier qui avance de 90 mètres par an, et jusqu'à 130 mètres par endroits !

Le glacier de la Mer de Glace est aussi un lieu d'expérimentation scientifique, et de nombreuses études (les premières datent de 1870) sont encore réalisées ici, mais c'est la magie du lieu qui fait de la Mer de Glace l'un des sites naturels les plus visités dans le monde.

Trois glaciers composent, en s'unissant, la langue terminale de la Mer de Glace. Le glacier de Leschaux, dont les Grandes Jorasses marquent le sommet, le glacier du Tacul, qui réunit la vallée Blanche et le glacier du Géant, et enfin le glacier du Talèfre.



Au petit âge glaciaire, de 1550 à 1850.                                     Le glacier des Bois, et les sources de l'Arveyron.
          
 
Aux Tines, où l'on trouve maintenant l'ancienne moraine bien visible.                                                                     Aux sources de l'Arveyron
  

En 1823


Depuis le "Chapeau" à la fin du Petit âge glaciaire


Le Glacier des Bois ( Mer de glace )


En 1850






En 1886, Le Glacier recule...



1886 (ETH-Bibliothek d'ETH Zurich)


1931, elle se retire dans sa cuvette, fin du glacier des Bois.


Table glaciaire, photo Robert Vivian.


Historique du Petit âge glaciaire


Le Tourisme de masse, avec le célèbre train du Montenvers
1949
(ETH-Bibliothek d'ETH Zurich)





Août 1990, le glacier était à nouveau en crue (4 photos Patrice Julaud, BHC sur le forum).


Août 1990, au niveau de la grotte.


Voyez la Mer de glace en 1992 lors de sa crue, et comparez avec l'actuelle !
Quelle différence, pas de petite lacs, et c'est même la poussée qui a construit la moraine frontale comme le ferait un Bull-Dozer, et qui a permis aux 2 petits lacs de se former, en fermant l'entrée de la gorge.



Photo de la Mer de glace au 10 Aout 2005



La Mer de Glace en 2004, avec ses 2 petits lacs récents, retenus par la moraine frontale.


En Fevrier 2005, avant les grosses chutes de neige, on voit bien les dégats occasionnés par le Foehn,
sur la moraine caillouteuse où toute la neige a été chassée. (photo Jean-Michel)


2005


2008


14 Octobre 2009


12 Mai 2010, avec plus de neige.


22 Octobre 2011.


7 juin 2013


Aout 2012, vu du ciel le recul est bien visible et spectaculaire, (photos Hugues Bourdelle)


On distingue parfaitement les moraines de cette poussée, paysage sculpté,
blocs déposés et graviers. Les deux lacs émeraude n'existaient pas.




La Bédière et les moulins


La grotte de la Mer de glace.
La Grotte de la Mer de glace, à droite en 2004, ainsi que celles de 2003 à gauche, 2 entrées chaque année.
illustrent bien l'avancée du glacier chaque année
, et oblige à reconstruire la grotte tous les ans, malgré une passerelle mobile.


L'accès :
Depuis le grand recul débuté en 1990, on descend sur la Mer de glace toujours avec la télécabine, mais ensuite par un système de rampes fait de 350 marches, avec 15 de plus chaque année pour atteindre la glace dont le niveau baisse de 5 m par ans en moyenne, plus de 100 m en 19 ans.

Grotte de la Mer de glace, Juillet 2009.
 

En 19 ans la perte de volume est impressionnante, plus de 100 m d'épaisseur.


L'accès, 360 marches depuis le bas de la Télécabine.


Les rampes, depuis le bas de la télécabine, jusqu'à la passerelle qui mène à la grotte


Protections contre les chutes de pierres.
Les bâches blanches, par leur effet d'albédo important, empêchent la glace de fondre sous leur protection, et comme autour le glacier fond, cela crée des passages forcés pour les pierres et rochers, qui ainsi ne peuvent tomber sur l'entrée de la grotte.



Effondrement important du glacier en bordure de la falaise.


L'intérieur de la grotte, une glace d'une pureté totale et translucide, mais que le flash empêche de voir.
Contraste avec la surface du glacier qui transporte un tapis des rochers et pierres de toutes les tailles.





Il serait prévu de déplacer la grotte 300 m en amont, sur une zone sûre et plate (?)
L
a grotte sera creusée au même endroit cette année, ouverture normale pour la saison d'été.

1990 : L'intérieur de la grotte...                                                           et la grotte des cristaux en 1990.
  



La fonte des glaces contraint EDF à de grands travaux. 17/08/10  Les Echos

En raison du recul du glacier de la mer de Glace, qui perd 30 mètres par an depuis 2003, EDF doit déplacer le captage des eaux de fonte qui alimente une de ses centrales hydroélectriques. Un chantier très atypique, sur un site classé, qui nécessite des moyens exceptionnels et qui devrait être achevé en septembre 2011.

C'est une conséquence concrète du changement climatique. A Chamonix, le recul du glacier de la mer de Glace, qui s'est accéléré ces dernières années, contraint EDF à mener actuellement de grands travaux pour pouvoir continuer à alimenter sa centrale hydroélectrique située en aval.

Depuis près de quarante ans, la fonte naturelle de la mer de Glace, le plus grand glacier français, est utilisée pour produire de l'électricité. La centrale des Bois, sur la commune de Chamonix, permet de fournir du courant à 50.000 habitants, l'équivalent de la consommation de la ville d'Annecy. Mais, depuis 2003, le glacier a reculé de 30 mètres par an et l'épaisseur de glace a diminué de 8 à 10 mètres par an. Cette situation menace le captage. Situés à 1.490 mètres d'altitude, les équipements, qui étaient sous 200 mètres de glace lors de leur mise en service en 1973, se retrouvent à l'air libre et la centrale installée dans la vallée risque d'être bientôt privée de ses eaux de fonte.

Une perte à laquelle les hommes d'EDF ne se résolvent pas. Avec sa galerie souterraine de 1.700 mètres de long pour acheminer l'eau dans ses turbines, ses 320 marches et son téléphérique, l'installation a en effet représenté un investissement de 20 millions d'euros. Et malgré un surcoût de 20 %, en raison du caractère abrasif de l'eau glaciaire, sa disparition supprimerait une production de 113 millions de kilowattheures.

2,5 kilomètres de tunnels.

Pour sécuriser durant quelques années encore l'alimentation en eau glaciaire, la décision a été prise de remonter le captage 1.000 mètres plus haut, sous 100 mètres de glace. EDF, maître d'ouvrage, a confié le travail à Spie Batignolles TPCI et Sotrabas, pour un montant de 15 millions d'euros.

Sur place, le chantier est assez exceptionnel. Il est alimenté par téléphérique et par hélicoptère. Cinq équipes, assistées par cinq guides de haute montagne, travaillent en rotation, soit une cinquantaine de personnes au total. Le creusement des 2,5 kilomètres de tunnels est réalisé au moyen d'explosifs et d'un enchaînement de perçages au robofore à 1 ou 2 bras. Pour stocker le matériel ou installer un réfectoire, de petites niches ont été creusées dans les galeries.

Et pour permettre le creusement de galeries, il faut faire fondre le glacier ! Pour cela, Spie Batignolles emploie une technique particulière, celle de la projection d'eau chaude. Au moyen de lances à incendie, 500 litres d'eau chaude à 37° C sont projetées sur le glacier chaque minute, grâce à l'installation de deux grosses chaudières installées sur une plate-forme extérieure, à l'entrée du chantier. La mise en service de la nouvelle installation est prévue en septembre 2011, un captage provisoire assurant l'alimentation en eau de l'usine en attendant.

Les touristes qui visitent la mer de Glace ignorent tout de ces travaux sous leurs pieds. Dans ce site classé, un des défis du chantier était de préserver l'environnement et le paysage. Pourtant, le recul du glacier affecte aussi l'activité de ce site où, chaque année, 300.000 personnes visitent la célèbre grotte de la mer de Glace. Pour la sécuriser, des travaux de plus en plus onéreux doivent être effectués chaque année et son existence même est menacée.


Suite, "La Mer de glace. Gros plans" 7 juillet 2010.