Catastrophe glaciaire au Tronador, le 28 mai 2009.
Transmis par CedricLarcherle
Boss de "Kairn"...le 3 Aout 2009,
et que je remercie.C'estle site
N° 1 de la grimpe dans le monde.
Le lac
glaciaire du Ventisquero Negro au Mont
Tronador a lâché. Il a fait une crue
énorme en juin dernier, emportant
la forêt, les ponts etc…
Le glacier bloquait le lac
glaciaire en le contournant et en
s’appuyant sur la moraine du PAG (cela se
voit bien sur l’image satellite).
Le lac est encore
clairement visible sur Google Earth en
cherchant a l’est du Mont Tronador en
Argentine. 41°
11'
53.84" S 71° 50' 37.39" W
Avec des
étés très
chauds ces dernières
années, et un gros
épisode de pluie en mai
dernier, la moraine s’est
imbibée et le glacier a perdu
en résistance pendant que le
lac gagnait plusieurs mètres
de hauteur.
La moraine a cédé
laissant passer les eaux du lac plus
de nombreux blocs de glace dont
certains de plusieurs m3 ont
été retrouvés
8Km en aval a Pampa Linda.Certains
petits ont même
été aperçus
dans le lac Mascardi a 24Km de
là.Je
retournerai sur place sans doute dans
quelques jours et je devrais avoir les
photos satellite et d’hélico
bientôt.
Cedric.
Le
Tronador est un important volcan
situé à la frontière
entre l'Argentine et le Chili. Le volcan est
actuellement au repos.
Son nom de Tronador (en
espagnol « tonnant »)
lui a été donné suite
aux bruits de chute de séracs se
produisant régulièrement et
donnant à peu près
l'impression de tonnerre.
La première ascension fut
réalisée en solitaire le
29 janvier 1934 par Hermann
Claussen.
En Argentine il se trouve en province de
Río Negro, département
de Bariloche, aux environs de la ville de
San Carlos de Bariloche. Du
côté chilien, il fait partie
de Xe région de los Lagos.
Le massif se dresse à la
frontière, séparant ainsi deux
parcs nationaux : les parcs Nahuel
Huapi en Argentine, et Vicente Pérez
Rosales au Chili.
Le Tronador a une altitude de
3 491 mètres. Il
possède trois sommets. Le
sommet chilien a une altitude de
3 320 mètres, le sommet
argentin, 3 200 mètres et
le sommet frontalier, argentino-chilien,
3 491 mètres. Il se dresse
dans une région aux
précipitations extrêmement
abondantes, et est de ce fait couvert de
neige et de glaciers. On compte sept
glaciers (Frias, Alerce, Castaño
Overo, Manso, Peulla, Casa Pangue et
Río Blanco).
La
catastrophe a eu lieu dans la nuit du 21
mai et a provoqué de grands
dommages matériels et
environnementaux dans la zone de Pampa
linda, au
pied de la montagne Tronador. La
région est encore isolée et
ses habitants ont été
évacués en
hélicoptère.
Le chemin d'accès est coupé
en trois lieux. Les plus grands dommages
se sont produits au pont sur la
rivière endiguée, qui a
été détruit par
l'eau.
Nicolas de la Cruz est guide de montagne et
géologue, et connaît
très bien la région.
Il expliqué que ce
phénomène est peu habituel
mais a des antécédents dans
plusieurs régions du monde. Il a
rappelé qu'en 1960 un glacier de la
colline Plomb, en Mendoza, a bloqué
le cours de la rivière Mendoza, et
formé un lac.
Nicolas de la Cruz a expliqué que le lac
du Glacier Noir s'est formé durant
les dernières années,
produit du réchauffement actuel. Le
lac a commencé à monter, ce
qui s'est accentué pendant les deux
derniers étés, avec des
températures importantes.
« Le glacier perdait beaucoup
de masse par fonte », a t'il dit. Il
a rappelé qu'il y a de nombreuses
années on faisait là des
cours d'escalade de glace, qui ont
été ensuite suspendus par la
présence d'eau.
Il a
estimé que la rupture qui s'est
formée a déversé des
millions de litres d'eau accumulés
par le glacier. L'alluvion a
détruit des centaines d'arbres, a
détruit aussi tous les ponts et
plusieurs sections du chemin carrossable.
Il a aussi
affirmé que « la
capacité érosive de l'eau
augmente géométriquement en
ce qui concerne son
débit », ce pourquoi les
blocs de glace sont arrivés
jusqu'à Pampa linda, à 8
kilomètres distance, et petits
blocs jusqu'au lac Mascardi,
éloigné de quelques 24
kilomètres.
Photos de
Cedric Larcher : Photo du Tronador et du
lac glaciaire en 2007, 2 ans avant
la catastrophe.
Photos
après
la catastrophe.
Photos prises
d'hélico. On voit bien
que l'avalanche de glace
a plongé dans le
lac qui occupait une
partie de la cuvette de
la moraine du Petit
âge glaciaire,
puis cet alluvion fait
de glace, de roches,
graviers et eau, s'est
ruée dans la
vallée emportant
tout sur son passage,
arbres, terre et
rochers.
Nouvelles photos de Cedric
Larcher qui nous montre la
vidange du lac du Ventisquero Negro,
Cerro Tronador. Image d'une première,
navigation sur le lac du Ventisquero
Negro, Cerro Tronador.
Le lac s'est fortement vidé
il y a un an suite a une rupture du
barrage morainique.
Grosse crue inondation en contre
bas.
Ce qu'il reste de la laguna et les
dégâts de la crue.
Ruptures de Poches d'eau.
Le Glacier de Trient (à
plusieurs reprises)
Le glacier du Trient
(Massif du Mont Blanc, Suisse)
comporte une poche sous-glaciaire,
appelée "Tine", qui se vidange
régulièrement tous
les 3 à 5 ans, provoquant une
augmentation du débit du torrent
émissaire.
Plusieurs dates ont
marqué l'histoire
de ce glacier.
- le 17 juillet 1911, suite
à une vidange de la "Tine", le
débit du torrent émissaire
du glacier du Trient a été
multiplié par deux.
- la
période du 20 au 25 juillet 1930,
durant laquelle la vidange a
entraîné une petite
augmentation de débit du torrent
émissaire
- du 6 au 8 juillet
1942, trois débâcles ont
été enregistrées,
celle du 7 juillet a été
particulièrement dangereuse,
provoquant une énorme
augmentation de débit (de 3,5
m3/s normalement en été,
à 26 m3/s au maximum de la
vidange) !
Le volume d'eau évacué
par
la "Tine" a été
estimé à 840000 m3.
- le 6
août 1960, la
débâcle a
été dévastatrice,
le flot ayant emporté des
ponts, coupé les routes, rompu
les digues.
Le débit maximum
enregistré
au moment de la crue était de
25 m3/s, au lieu des 3,5 m3/s
habituels à cette
époque.
Le volume maximum de la poche d'eau a
été estimé, d'après la
débâcle qui a eu lieu en
août 1960, à un peu plus
d'un million de mètres
cubes.
Le
glacier de Tête-Rousse (1892)
La catastrophe
du glacier de Tête-Rousse
(Massif du Mont Blanc, France) s'est
produite dans la nuit du 11 au 12
juillet 1892.
La rupture d'une poche d'eau
sous-glaciaire, située à
3150 m d'altitude environ, a
entraîné la
libération d'une importante
masse d'eau, estimée à
200000 m3.
A ces 200000 m3 d'eau se sont
ajouté les 90000 m3 de glace
qui constituaient le bouchon qui a
été expulsé.
Toute cette masse en mouvement a
ensuite emprunté
l'étroit couloir du Bossonney,
en l'érodant intensément
(800000 m3 ont été
mobilisés dans cette
vallée).
Le mélange d'eau, de glace et
des matériaux
érodés a donné
naissance à une lave
torrentielle énorme.
Après de nombreux
phénomènes
d'embâcles et
débâcles, cette masse de
boue a rapidement (sa vitesse a
été estimée
à 14 m/s) atteint
l'établissement thermal de
Saint-Gervais et ses environs,
où elle a tout
dévasté, faisant 175
victimes.
En poursuivant son chemin, elle s'est
étalée dans la plaine en
aval jusqu'à l'altitude de
600m, en laissant sur place quelques
600000 m3 de matériaux.
D'après les témoins, la
rupture de la poche d'eau a
provoqué une détonation,
ainsi qu'un violent effet de souffle.
La poche qui s'est rompue était
constituée de 2 cavités
communicantes, et Vallot (1892) a
estimé à 3 ou 4 mois, le
temps nécessaire pour accumuler
cette quantité d'eau.
Il semble, d'après les croquis
exécutés par Vallot, que
l'origine de la poche soit
consécutive à un effet
de barrage de l'écoulement
sous-glaciaire par la glace, au niveau
d'un seuil rocheux dans le profil
longitudinal.
Suite à l'érosion
mécanique de la glace par les
eaux, cette disposition en seuil a
favorisé la constitution d'une
énorme cavité
sous-glaciaire, qui a progressivement
débordé du seuil rocheux
vers l'aval.
Lorsque la pression exercée par
l'eau sur la glace a été
suffisante, la partie de glace jouant
le rôle de bouchon a
été arrachée et
pulvérisée ; le
départ de l'eau
accumulée dans la cavité
sous-glaciaire a alors provoqué
l'effondrement de la voûte amont
qui la surmontait.
Pour éviter une deuxième
catastrophe de ce type, il fut
décidé de construire un
tunnel de drainage qui permettrait
à l'eau de s'évacuer. Un
premier tunnel fut foré entre
1899 et 1900.
Ce tunnel avait pour objectif
d'évacuer l'eau
accumulée au niveau de la
cavité supérieure du
glacier, derrière le seuil
rocheux.
Mais après son creusement, ce
tunnel était à une
altitude trop élevée
pour pouvoir vider toutes les eaux de
la poche. Il fut donc
décidé de construire une
nouvelle galerie Le tunnel devait
relier la base du glacier de
Tête Rousse au versant ouest qui
descend vers le glacier de Bionnassay,
car le versant nord est obstrué
par un glacier (glacier de la G En
1904, le tunnel fut achevé et
permit l'évacuation des 22000
m3 d'eau qui s'étaient
accumulés depuis 1892 dans la
nouvelle crevasse.
Depuis, la sortie du tunnel est
régulièrement
nettoyée tous les deux ans par
l'O.N.F. (Office National des
Forêts). Il n'y a plus jamais eu
d'accident. l'orifice se situerait
à 3115 mètres
d'altitude.
28 juillet 2010. Risque
d'inondation de 800 habitations
:
Travaux d'urgence sur le glacier de
Tête Rousse.
Une poche d'eau
d'environ 60 000 mètres
cubes s'est accumulée dans
une cavité sous-glaciaire
de Tête Rousse (territoire
communal de Saint-Gervais).
Le risque d'inondation
étant réel si elle
venait à céder, des
travaux d'urgence ont
été lancés,
ainsi qu'une procédure de
sauvegarde.
Une opération de pompage va
être menée
d'août jusqu'en octobre pour
vidanger le glacier et
éradiquer le risque. Durant
cet intervalle, le glacier est
sous surveillance et, à
compter d'aujourd'hui, des mesures
préventives d'alerte et
d'évacuation de la
population menacée sont
mises en œuvre pour la
durée des travaux.
Les habitants d'environ 800
habitations concernées
seront informées par une
réunion publique tenue ce
soir.
AFP :
"L'Etat vient de débuter
des travaux de sécurisation
d'un glacier du massif du
Mont-Blanc, où a
été
détectée une
importante poche d'eau
menaçant d'inonder la
vallée de Saint-Gervais,
ont indiqué aujourd'hui les
autorités locales.
Ces travaux ont
été
décidés sur la base
d'une étude du glacier de
Tête-Rousse par des
glaciologues du CNRS
révélant l'existence
d'"une poche d'eau située
à 75 mètres de
profondeur qui ne possède
pas de purge naturelle comme la
plupart des glaciers", a
expliqué à la presse
le maire de Saint-Gervais,
Jean-Marc Peillex.
Les glaciologues, qui ont
réalisé depuis 2009
une vingtaine de forages à
plus de 3.200 mètres
d'altitude, ont conclu à
l'existence d'une masse d'eau de
65.000 m3 située sous le
glacier de Tête Rousse. "Les
poches d'eau situées sous
les glaciers sont un
phénomène assez
rare", a par ailleurs
souligné Christian Vincent,
chercheur au CNRS.
Depuis une dizaine de jours,
l'Etat a débuté des
travaux de sécurisation
consistant à mettre en
place des câbles
reliés à un
système d'alerte pour
prévenir la population en
cas d'explosion de la poche d'eau,
puis à pomper 25.000 m3
d'eau situés dans une
caverne à partir du 20
août, les 40.000 m3 restant
n'ayant pu être
précisément
localisés.
Particulièrement
périlleux en raison de
l'altitude, ces travaux devraient
coûter plus de 2 millions
d'euros, subventionnés
à 80% par l'Europe et
l'Etat".
Une fois les travaux de
sécurisation
achevés, des pompes vont
être immergées afin
de vidanger les 25.000 m3 d'eau
situés dans l'unique
cavité localisée
avec précision. Les 40.000
m3 restant n'ont pu être
précisément
repérés.
"Les poches d'eau
situées à
l'intérieur d'un glacier
sont assez rares, et l'origine (de
la poche du glacier du Mont-Blanc)
reste encore inexpliquée",
a affirmé de son
côté Christian
Vincent, chercheur au CNRS. Il a
expliqué qu'une "anomalie"
avait été
détectée en 2007
avant d'être
identifiée à l'aide
de mesures par résonance
magnétique. "Le
réchauffement climatique
qui a diminué
l'épaisseur du manteau
neigeux situé sur le
glacier" pourrait expliquer le
phénomène, selon le
glaciologue. "Moins
protégé du froid
l'hiver, le fond de la
cavité se refroidit et ne
permet pas à l'eau
accumulée de
s'évacuer naturellement",
avance-t-il. En cas de rupture, la
poche d'eau pourrait
s'écouler en 15 à 30
minutes dans la vallée et
"près de 900 familles
pourraient être
concernées",
s'inquiète Jean-Marc
Peillex, jugeant nécessaire
"d'informer la population de ce
risque". En 1892, l'explosion
d'une poche d'eau similaire
à l'intérieur du
glacier avait provoqué ce
que les géologues nomment
une "lave torrentielle",
mélange d'eau, de graviers,
de rocs, de terre et d'arbres, qui
s'était répandue
dans la vallée et avait
tué 175 personnes. "Il ne
faut pas se voiler la face,
l'urbanisation et la
fréquentation touristique
du glacier rendent le risque bien
plus important qu'en 1892", dit le
maire de Saint-Gervais".
Des
techniciens s'apprêtent
à installer, le 28 juillet
2010, un système d'alerte sur
le glacier de Tête Rousse
(3.150m) dans le massif du Mont
Blanc.
Photo prise le 28 juillet 2010 du
glacier de Tête Rousse
(3.150m) dans le massif du Mont
Blanc. Suite
sur le forum...
Le glacier de Tête rousse est
le petit glacier plat dans la petite
cuvette au pied de l'Aiguille du
goûter (centre droit) avec une
langue de neige verticale en
dessous, à cette date du 1er
aout.
le 20 septembre 2010 : Gràce
au projecteur, on voit bien le lieu
du pompage de l'eau.
Voir
la vidéo d'A2. 31 juillet. Le refuge du
Nid d'Aigle ainsi que le dernier
tronçon du Tramway du
Mont-Blanc sont fermés pour
le reste de la saison
d'été en raison du
risque que représente la
poche d'eau. Un manque a gagner
considérable après
l'incident du Montenvers mi-juin
En cas de rupture du bouchon de
glace, l'eau emportera la
bouée qui entraînera le
câble et provoquera sa
rupture, ce qui donnera l'alerte.
Mercredi 25 aout débute sur
le glacier de Tête-Rousse le
pompage.Les ouvriers
partent à l'assaut du
glacier menaçant.
Retirer l’épée
de Damoclès qui
pèse sur 3.000
habitants de la vallée
de Saint-Gervais (Haute-
Savoie), tel est le pari que
doivent relever une quinzaine
d’ouvriers dès ce
mercredi. Leur mission: purger
65.000 m³ d’eau
prisonniers de plusieurs
poches sous le glacier de
Tête-Rousse, à
3.200 mètres
d’altitude. Un exercice de
haute voltige commandé
par l’urgence. Si la roche et
la glace retenant l’eau
venaient à
céder,
l’équivalent du contenu
d’une vingtaine de piscines
olympiques se
déverserait d’un coup
sur quelque 900 habitations.
Dans ce décor
majestueux, au cœur de la
"voie royale" menant au mont
Blanc, le premier défi
sera de creuser, avec une
pelle araignée, des
puits de forage de 75
mètres afin d’atteindre
la seule poche – qui contient
25.000 m³ d’eau –
repérée pour
l’heure par les glaciologues
du CNRS entre 2007 et 2010.
"Il s’agira ensuite de pomper
verticalement l’eau puis de la
répandre de
façon
régulée en trois
points de sortie
différents",
détaille Jean-Marc
Peillex, maire de
Saint-Gervais et maître
d’oeuvre des
opérations. Des travaux
qui coûteront
près de 2,5 millions
d’euros – financés
à 80% par l’Etat et
l’Europe, le reste par la
commune et le conseil
général – et
s’étaleront jusqu’au
mois d’octobre. Au final, tout
sera-t-il pompé? "On se
doit d’être pragmatique
et de purger ce qui maintient
la glace sous pression,
explique l’édile. Mais
on part dans l’inconnu avec
cette vidange artificielle. Il
ne faudrait pas, une fois le
pompage effectué, que
la masse d’air fragilise
à son tour la paroi.
L’important est de pouvoir
contrôler la
réaction du glacier."
Du côté des
professionnels du tourisme de
Saint-Gervais-les- Bains, le
souvenir hante peu les
esprits. Beaucoup craignent
plutôt qu’un vent de
panique n’ait soufflé
chez les curistes
habitués des lieux.
Dans les thermes, tous
situés en pleine zone
à risques, on confesse
avoir enregistré nombre
d’annulations. Sans toutefois
avancer le moindre chiffre.
Sur la place du marché,
restaurateurs et
commerçants pestent.
"C’est une saison
catastrophique, avec 30
à 40 % de clients en
moins", estime le
gérant de la brasserie
L’Affiche. Même son de
cloche chez son voisin
hôtelier qui
déplore un bon tiers
d’annulations depuis la
mi-juillet.
Les
gîtes
situés aux alentours de
l’aiguille du Goûter,
voie d’accès la plus
utilisée vers le mont
Blanc, sont sans doute les
premières victimes des
désaffections. Gardien
du refuge du Nid d’Aigle,
terminus du Tramway du
Mont-Blanc (TMB), Jeff fait
grise mine. A l’ombre du
glacier menaçant, son
refuge a été
fermé par
arrêté municipal.
Le dernier arrêt du
tramway a été
déplacé 250
mètres en contrebas, au
mont Lachat. Dans l’urgence,
il a transformé le
site, une ancienne soufflerie
aéronautique, en
buvette improvisée. Pas
de quoi lui redonner le
sourire. En temps ordinaire,
son chiffre d’affaires peut
atteindre 100.000 euros pour
les trois mois de la pleine
saison; à la
mi-août, il n’atteint
cette année que 7.000
euros. Comme bon nombre de
professionnels de la montagne,
Jeff dénonce
l’hypocrisie de la campagne
menée par les
autorités. "C’est du
n’importe quoi, s’emporte-
t-il, puisque rien
n’empêche les vacanciers
de monter d’ici, à
pied, jusqu’au Nid d’Aigle.
Quelqu’un qui n’a aucun
entraînement le fait en
trente à quarante- cinq
minutes, le long de la voie
ferrée. Les jours de
grand beau, des centaines de
touristes le font et se
retrouvent sous le glacier de
Tête-Rousse."
Thierry
Boinet et Julien
Descalles - Le
Journal du Dimanche.
Le 01/09/10.
Glacier de Tête
Rousse : Les 40.000 m3 d'eau
manquants.
La
poche d’eau découverte dans
le glacier de Tête Rousse, en
Haute Savoie, est en cours de
pompage. Cependant la cavité
forée ne contient pas toute
l’eau détectée par les
chercheurs. Les explications du
glaciologue Christian Vincent.
Sur le glacier de
Tête Rousse, en Haute Savoie,
le pompage de la poche d’eau
subglaciaire est en cours depuis une
semaine, à 3.200
mètres d’altitude. L’objectif
est de prévenir le risque
d’une vidange brutale de cette
poche, qui menace 900 habitations en
contrebas. Christian Vincent,
chercheur au Laboratoire de
glaciologie et géophysique de
Grenoble (LGGE,
CNRS/Université J. Fourier),
a conduit les études sur ce
glacier. Il répond aux
questions de Sciences et Avenir.fr.
Sciences et avenir.fr : Comment
va réagir le glacier aux
opérations de pompage de la
poche d’eau?
Christian Vincent
: La cavité que nous avons
identifiée grâce aux
forages mesure environ 40
mètres de large à sa
base, et 29 mètres au plus
haut, ce n’est pas énorme par
rapport à l’ensemble du
glacier. Et au-dessus il y a 40 m de
glace. A priori il n’y a donc pas de
risque d’affaissement du glacier.
Cependant nous prenons toutes les
précautions: nous descendons
ce mercredi un sonar dans le trou de
forage pour surveiller
l’évolution des contraintes
mécaniques au fur et à
mesure que l’eau est
remplacée par l’air. Nous
avons aussi en surface un
équipement comparable
à ce qui est utilisé
pour surveiller les barrages : nous
pouvons ainsi calculer les
mouvements du glacier avec une
précision de 5 mm.
Y a-t-il
une seule cavité ou
plusieurs sous le glacier?
Lors de la
prospection, nous avons
détecté la
présence de 65.000 m3 d’eau
[grâce à la
résonance magnétique
des protons, ndlr]. Cependant avec
les forages nous n’avons
découvert qu’une seule
cavité, d’une contenance de
25.000m3 environ. Il manque donc
40.000 m3 qui sont dans doute
répartis ailleurs dans le
glacier. L’eau peut être dans
d’autres cavités ou dans des
chenaux intraglaciaires. Elle peut
aussi être
piégée dans des
sédiments sous-glaciaires
(éboulis gorgés d’eau
situés sous le glacier). Dans
ce dernier cas elle ne pose pas le
même risque qu’une poche. On
espère cependant
réussir à pomper toute
l’eau.
Est-il
fréquent de trouver des
cavités sous les glaciers?
Dans les glaciers
tempérés (à
0°C) avec un mouvement rapide,
il existe souvent des cavités
sous glaciaires à l’aval des
bosses du socle rocheux. Pour les
glaciers très lents comme
celui de Tête Rousse, ce n’est
pas le cas car la glace flue et
bouche les interstices. Dans le cas
présent, l’eau des fontes et
des précipitations -qui
s’infiltre à travers les
fissures dans la partie amont- se
trouve bloquée par une langue
de glace froide à -2°C et
donc étanche, collée
au socle rocheux. Ne pouvant
s’écouler, sous l’effet de la
pression, l’eau a
déformé la glace et
créé cette
cavité.
Comment s’est formée cette
langue de glace très froide
?
Depuis environ 30
ans, nous observons une diminution
du manteau neigeux sur les glaciers
de cette région. Cette fonte
du manteau neigeux -qui joue un
rôle isolant- entraîne
un refroidissement de la langue du
glacier. C’est un effet paradoxal du
réchauffement climatique. Le
glacier de Tête Rousse est
situé sur une sorte de
contrefort et ses versants ne sont
pas englacés : le froid
pénètre donc plus
facilement. On observe aujourd’hui
que le glacier est divisé en
deux parties : il est à
0°C dans sa partie amont mais -2
à -2,5°C en aval,
là où s’est
formée la langue de glace
étanche qui a
piégé l’eau.
Le même mécanisme
peut-il expliquer la formation de
la précédente poche,
celle qui s’est vidangée
brutalement en 1892 ?
Non, c’est sans
doute un phénomène
différent qui s’est produit.
En 1892 il y avait deux
cavités reliées entre
elles, une inférieure et une
supérieure. Cette
cavité supérieure
était très près
de la surface, à 5 ou 10
mètres. A l’époque les
ingénieurs des eaux et
forêts qui ont analysé
la situation après le
désastre ont supposé
que le plafond de la cavité
supérieure s’était
écroulé, provoquant
une suppression de l’eau, qui aurait
ensuite fait sauter le
«bouchon». Nous pensons
aujourd’hui que cela s’est
passé différemment. Un
lac s’est formé sur le
glacier entre 1860 et 1878. Suite
à une période de forte
accumulation neigeuse, ce lac a
été recouvert de neige
formant en 1892 une couche de
névé ou de glace de 5
à 10 m qui reposait sur
l’eau. C’est ainsi que s’est
formée la cavité
supérieure. La cavité
inférieure elle, s’est
formée plus en aval, plus
près du socle rocheux. Suite
à la rupture de la langue
frontale sous l’effet de la pression
de l’eau, ces cavités se sont
brutalement vidangées et le
plafond de la cavité
supérieure s’est
effondré.
Propos recueillis
par Cécile Dumas. Sciences et
Avenir.fr 14 septembre 2010 : Cécile
Dumas Sciences et Avenir.fr
Surveillance
renforcée sur le glacier de
Tête Rousse.
Le risque
d’affaissement a
été
légèrement revu
à la hausse pour le
glacier de Tête Rousse,
où une poche d’eau doit
être vidée. Le
pompage doit reprendre en fin de
semaine avec une cadence
accélérée.
Les
travaux de forage ont
commencé le 25
août sur le glacier de
Tête Rousse. (AFP /
Jean-Pierre Clatot)
Un toit de
glace de 30 à 40
mètres
d’épaisseur pourrait-il
s’effondrer sur le glacier de
Tête Rousse, où
une opération de
pompage sans
précédent a
été
décidée pour
vider une dangereuse
réserve d’eau de 65.000
m3?
Relativement
optimiste, les glaciologues qui
suivent ce chantier estimaient
au départ qu’il y avait
très peu de risque que le
glacier s’affaisse. Cependant,
un calcul basé sur de
nouvelles données
d’observations ont amené
les chercheurs a
réévalué ce
risque légèrement
à la hausse. Du coup les
mesures de protection ont
été
renforcées.
Cavité
irrégulière et
complexe
Grâce aux
premiers puits de forage
creusés fin août
pour descendre les pompes,
l’équipe de Christian
Vincent, du Laboratoire de
glaciologie et
géophysique de Grenoble
(LGGE, CNRS/Université
J. Fourier) a pu
préciser les contours
de la cavité pleine
d’eau présente dans le
glacier. Le sonar a
révélé
une cavité aux formes
très complexes,
très
irrégulières,
qui contiendrait au moins
25.000 m3 d’eau. Sa hauteur
varie entre 20 et 30
mètres de haut. Elle
s’étend sur 30 à
40 mètres dans le sens
de l’écoulement du
glacier (de l’amont vers
l’aval) et sur 80
mètres dans l’autre
sens.
Au-dessus de cette
cavité se trouve une
épaisseur de glace de
40 mètres en moyenne.
Si ce toit de glace tombe sur
une cavité vide, la
population de Saint-Gervais
qui vit en contrebas ne sera
pas en danger. En revanche, si
le glacier commence à
s’affaisser alors que la
cavité est encore
très pleine, il
augmente le risque de rupture
du glacier en faisant monter
la pression de l’eau dans la
poche. Il pourrait alors se
produire ce que les
autorités craignent
depuis la catastrophe de
1892 : une vidange
brutale de la cavité et
une «lave
torrentielle» qui
dévale les pentes
jusqu’aux habitations.
Un risque pas
écarté
Les calculs
réalisés
début septembre par
Christian Vincent et ses
collègues montrent que
ce risque n’est pas nul.
«Les contraintes de
traction sur le toit de la
cavité ne sont pas
très loin de la
limite de rupture»
explicite le glaciologue.
Entre fin août et
début septembre 6.500
m3 d’eau ont été
pompés pour faire
baisser la pression dans la
poche d’eau. Les
opérations ont ensuite
été suspendues
pour ne pas faire bouger le
glacier trop vite.
Les chercheurs ont
préconisé aux
autorités de
réaliser un pompage
rapide, avec trois pompes en
action afin de vider 5.000
à 7.000 m3 par jour.
Ainsi en six jours ils
espèrent avoir sorti
plusieurs dizaines de milliers
de mètres cubes d’eau
et écarté le
risque d’un affaissement sur
une cavité encore bien
remplie.
Où est l'eau?
«La
prospection par
résonance
magnétique des
protons (RMP) a permis
d’estimer le volume à
65.000 m3 d’eau, avec une
marge d’erreur de plus ou
moins 15.000 m3. Si nous
sortons 45.000 m3 on n’aura
plus vraiment de souci
à se faire»
estime Christian Vincent. La
contenance de la cavité
est estimée à
25.000 m3 mais elle pourrait
être plus grande ou
être reliée
à d’autres
cavités plus petites
qui s’y déversent. De
nombreuses incertitudes
demeurent sur la
répartition des 65.000
m3.
Le forage du troisième
puits est en cours et le
pompage devrait reprendre ce
vendredi. Les mouvements du
glacier sont traqués
grâce à des
repères placés
en surface. Si ces mesures
topographiques
révèlent un
affaissement dépassant
1 à 2 cm par jour,
«ce sera un signe
possible de fracturation»
explique le chercheur
grenoblois. Des mesures de
précautions sont prises
pour les personnes travaillant
sur le chantier. Une
surveillance permanente est
également mise en
place, nuit et jour, en plus
du système d’alerte
placé début
juillet sur l’aval du glacier.
La vigie sonnera l’alarme en
cas d’affaissement rapide sur
le glacier de Tête
Rousse.
Nouvelle
vidéo du pompage, qui
de plus est superbe.
Fin des
travaux au glacier de
Tête Rousse Le pompage
s'achèvera le 11
octobre prochain sur le
glacier de Tête Rousse.
Les travaux de
pompage au glacier de Tête
Rousse s’achèveront lundi
11 octobre, en raison de
l’arrivée du
froid.«Le mauvais temps, la
neige, le risque d’avalanche
arrivent. On ne va pas faire
prendre des risques humains aux
équipes sur place», a
déclaré le maire de
Saint-Gervais, Jean-Marc Peillex,
précisant que le chantier,
situé à plus de
3?000 m d’altitude, allait
être
«démonté».
Depuis le 26 août, ce sont
«près de 45 000
m³» d’eau qui ont
été pompés
sur les 65 000 m³
estimés, soit 70 % du
volume total de la poche,
permettant ainsi de faire baisser
la pression de près de 8
bars. Certes, la cavité va
continuer à se remplir
d’eau, mais certainement moins
qu’en été
grâce au gel qui diminuera
l’infiltration.Une information qui
devrait rassurer les 3000
personnes qui «pourraient
être
concernées» en cas de
rupture de la poche d’eau sous le
glacier.
Le 16 mai
2011.
La poche
de Tête Rousse se remplit
à nouveau.
Le phénomène relevait
d’un effet paradoxal du
réchauffement climatique.
Plus froid dans sa partie basse,
où le barrage de glace
empêchait l’eau de
s’évacuer, que dans la partie
haute, Tête Rousse avait vu la
formation d’une poche qui
menaçait d’inondation la
commune de Saint-Gervais et ses
environs (900 habitations).
L’été dernier,
l’affaire de son pompage avait fait
grand bruit (lire ci-dessous).
Reste qu’au terme de cet hiver, sec
mais froid en son début,
selon les mesures effectuées
par les capteurs de pression du
Laboratoire de glaciologie et de
géophysique de
l’environnement de Grenoble, le
niveau d’eau serait remonté
et près de 4 000 m 3 se
seraient accumulés en
quelques mois, alors même que
la fonte estivale n’avait pas
commencé.
Aussi, de nouvelles études
ont été lancées
pour surveiller le remplissage de la
cavité, alors que rien ne
permet de dire à ce jour que
ce liquide provient directement de
la fonte de surface. Sa provenance
demeure une énigme selon
l’ingénieur Christian Vincent
du laboratoire de Grenoble. Une
surveillance radar doit
déterminer à partir de
quand le glacier devra être
vidangé à nouveau,
selon l’aléa pour les
populations.
Un deuxième volet de
l’étude se préoccupera
davantage de la
sécurité des
alpinistes. En effet, si cette
cavité de 30 m est recouverte
d’une épaisseur de 40 m de
glace et de neige dans sa partie
centrale, en certaines
extrémités le “pont”
qui la recouvre n’excéderait
pas 6 m.
D’où un possible risque
d’effondrement et la crainte de voir
la poche s’agrandir, à un
endroit où, en surface,
plusieurs milliers d’alpinistes
traversent le glacier sur la voie du
mont Blanc chaque été.
Source DL.
14
septembre 2011
La cavité est
presque pleine, il y a urgence
à pomper
Les dernières
conclusions des scientifiques du
CNRS, établies dans un
rapport début septembre,
montrent que la cavité
s’est à nouveau remplie.
Missionnés cet
été pour
comprendre le
phénomène et le
rythme de remplissage du
glacier, et surtout pour
rechercher un système de
vidange naturel et
pérenne de la
cavité, les scientifiques
révèlent bien un
lien entre la canicule du mois
d’août – avec une
accélération le 12
– et l’augmentation importante
du niveau d’eau de la
cavité.
Plus qu’à 12 m
de la surface
« On sait que
l’eau monte, puisque qu’on n’est
plus qu’à 12 m de la
surface de la glace »
commente le maire. De nouveaux
travaux de pompage
préventifs ont
été
décidés
conjointement par Philippe
Derumigny, le préfet de
la Haute-Savoie, et Jean-Marc
Peillex. Coût de
l’opération 545 000 €. La
pelle araignée est
d’ailleurs montée vers
Tête Rousse hier matin.
Et le temps presse
avant l’arrivée du froid
(lire ci-contre). L’an dernier
les travaux avaient dû
être stoppés le 8
octobre. « C’est toute la
grande difficulté d’un
chantier comme celui-là !
» plaide l’édile.
La bonne nouvelle, oui il y en a
une, le mouvement d’affaissement
de la glace au-dessus de la
poche s’est interrompu... 28
septembre 2011
Nouveau pompage au
glacier de Tête Rousse
Alors que la poche d'eau qui
menace la commune de
Saint-Gervais a atteint un
volume de 25 000 m³ et un
niveau proche de la surface, de
nouvelles opérations de
pompage d'urgence ont
commencé ce mercredi.
L'an dernier déjà
près de 50 000 m³
avaient déjà
été
vidangés. Il s'agit d'une
opération à titre
préventif, une vidange
naturelle pouvant
représenter un trop grand
risque d'inondation.
Graphique
: A. Buisson,
1998,
d'après
Vallot, 1892.
Trou
supérieur
du glacier de
Tête rousse
correspondant
à
l'effondrement du
toit de la
cavité dans
laquelle
s'est
accumulée
la poche d'eau. Dessous :
Trou
inférieur. A
noter la
stratification de
la neige hivernale
et de la glace sous
jacente.
Les Thermes au Fayet.
Dans la plaine du Fayet
Information
qui m'a été
transmise directement
et que je tiens à
faire connaitre.
je voulais juste
ajouter une information concernant
le tunnel creusé sous le
glacier de Tête Rousse.
Vous dites que le tunnel est
entretenu par l'ONF (ou plus
exactement le service de la
Restauration des Terrains en
Montagne d'Annecy). C'était
vrai encore il y a 3 ans.
Seulement, le chef de ce service a
changé fin 2005. Et
aujourd'hui il a
décidé de ne plus
entretenir ce tunnel. Il souhaite
également faire
détruire la cabane à
coté du refuge (qui je le
rappelle a servi pour
l'étude du glacier
après la catastrophe). Moi
je suis contre cette destruction
et je ne souhaite pas non plus que
le tunnel soit abandonné.
Je connais bien ce tunnel puisque
je l'ai visité à
plusieurs reprises.
La cabane et le tunnel font
partie de notre patrimoine, il
serait dommage de les
détruire.
Le
lac de Tacul (1819)
Le lac de Tacul se trouvait à
la confluence des glaciers de
Leschaux et du Tacul (Massif du Mont
Blanc, France).
Il était retenu par un barrage de glace.
Bien que s'étant vidé
à plusieurs reprises, une
seule de ses vidanges a
été notée avec
précision ; c'est celle du le
13 août 1819 , qui a
provoqué un afflux d'eau
important au niveau de la partie
inférieure de la Mer de
Glace, et entraîné
l'inondation de la vallée de
Chamonix, à priori sans perte
humaine à déplorer.
Aujourd'hui
en 1998, ce lac n'existe plus, car
les conditions topographiques ont
bien changé; le niveau du
glacier se situe environ 40 m plus
bas qu'à cette
période.
Cette disparition pourrait
être due à la
facilité d'écoulement
vers l'aval, par suite d'une moindre
épaisseur de glace.
L'effondrement du
pilier occidental des Drus
(18.09.1997).
Par le Professeur H.
Rougier, Centre d'Etudes
Alpines, Université
Lyon 3.
UN CAS EXEMPLAIRE DE LA
VIGUEUR DES PROCESSUS
MORPHODYNAMIQUES DANS LA
HAUTE MONTAGNE ALPINE.
Dans la nuit du
18 au 19 septembre 1997,
à 1:33 puis le 28
septembre à 18:30,
deux effondrements de grande
ampleur, dont le second
n’est que la réplique
du premier, se sont produits
sur le pilier occidental du
Petit Dru, dans le massif du
Mont-Blanc,
immédiatement
à l’Est de Chamonix.
En dessous de 3000
mètres d’altitude,
une gigantesque balafre
verticale interrompt
désormais
l’unité que
représentait se
monolithe de granite, forte
image emblématique
dans l’horizon haut
montagnard de la
vallée de l’Arve. Les
grimpeurs ont
immédiatement
remarqué que l’un des
itinéraires
d’accès au sommet se
trouvait
irrémédiablement
annihilé. Dès
le 20 septembre, toujours
à la recherche de
titres percutants, le
"Dauphiné-Libéré"
titrait en gros
caractères sur la
"Une" : "La voie
Bonatti amputée"…
Bien au- delà du
sensationnel, de
l’imprévu et de
l’émotionnel, le
géographe physicien
se doit d’expliquer ce
phénomène,
dont l’ampleur a pu
surprendre, mais dont
l’occurrence est beaucoup
plus fréquente qu’on
l’imagine.
Trois
séries
d’éléments
aident à comprendre
ce qu’il s’est passé,
permettent de reconstituer
la chronique de
l’ébranlement du
grand menhir chamoniard.
Il est
indispensable dans un
premier temps
d’établir une sorte
d’ "état des
lieux", donc de
définir le contexte
géologique et
structural concernant ce
pilier occidental des Drus.
Une fois campé le
décor, il conviendra
de restituer le
phénomène dans
le cadre
météorologique
des semaines, des jours et
des heures qui l’ont
précédé.
Enfin, il sera possible
à partir des
processus morphodynamiques
qui règnent à
cette altitude et en ces
lieux particuliers, de
déterminer ce qu’il
s’est réellement
produit en cette nuit de fin
d’été et, dix
jours après, en fin
d’après-midi. La
suite ici.
L’Effondrement de
2005 (photo Ludovic ravanel)
Septembre
2011, plusieurs
effondrements successifs
Entre samedi vers
15 h 40 et dimanche 10
h 20 et 13 h 15, sans doute
plus de 10 000 m³
de granite se sont
décrochés des
Drus. Selon le
spécialiste de la
question, le Chamoniard
Ludovic Ravanel, «
l’essentiel du volume
provient de la marge gauche
de la cicatrice
d’écroulement de
2005. Cela s’explique par le
jeu combiné d’un
rééquilibrage
mécanique suite
à 2005 et d’un
approfondissement de la
couche active du permafrost
en lien avec les
températures chaudes
de ce dernier mois. »
Si la zone
d’écroulement (en
jaune) est quasiment
purgée aujourd’hui,
« il est à
craindre qu’une autre partie
(En rouge/ndlr) se
détache très
prochainement », selon
le glaciologue Sylvain
Coutterand. Le nuage, lui,
est resté longtemps
sous les Drus.
(Ludovic Moreau, le DL)
Eboulement au
Chardonnet, 07/09/2010 vers
17h00. Photo Dom MOREIRA
Suisse,
catastrophe du
Mattmark en 1965.
En
Suisse une catastrophe
importante fut lors de
la construction du
barrage du Mattmark
en 1965.
Une chute de
séracs qui
remonta de l’autre
côté de
la vallée et
fit environs 80
victimes
dans les
baraquements des
ouvriers,
. C’est le
glacier
de l’Allalin qui
déversa un
très gros
volume de
séracs qui
déboula dans la
vallée et
remonta sur le versant
opposé pour
détruire les
baraquements qui se
trouvait à plus
de cent mètre
de
dénivelé
de l’autre
côté.
Le glacier
est issu des
névés
accrochés au versant
sud du Strahlhorn
(4190 m). Il
entame une descente
sur l'axe nord-est
avant de bifurquer
vers l'est, son
avancée vers le
nord étant
bloquée par
l'Allalinhorn (4027
m). À l'ouest,
le glacier de
l'Allalin est
relié au
glacier de Mellich via
le col de l'Allalin
(Allalinpass) (3564
m).
La langue glaciaire
aboutit à
l'ouest du barrage
du Mattmark à
une altitude
d'environ 2750
mètres
(état en 2007).
Depuis 1988, le
glacier a
reculé
d'environ un
kilomètre. De
la langue
émerge le
torrent de la Saaser
Vispa qui descend
ensuite dans le
Saastal avant de
rejoindre le
Rhône en plaine.
Dans sa partie
médiane, le
glacier évolue
parallèlement
au glacier de
l'Hohlaub d'environ
3,5 kilomètres
de long et 1
kilomètre de
large. Ils
étaient
auparavant
liés. Le
glacier de l'Hohlaub
part depuis le flanc
nord de l'Allalinhorn
(4027 m) et longe
l´Hohlaubgrat
qui le sépare
du glacier de
l'Allalin.
Historique.
Pendant
le petit
âge
glaciaire, le
glacier de
l'Allalin
descendait
jusqu'au fond
de la
vallée
et bloquait le
passage des
eaux, formant
ainsi un lac
glaciaire
similaire
à celui
du glacier du
Giétro.
Ce
phénomène
était
à
l'origine de
débâcles
glaciaires qui
inondaient la
vallée
et provoquait
de nombreux
dégâts
et victimes.
Entre 1589 et
1850, les
documents
rapportent 26
vidanges
importantes et
brutales. Au
XVIIe
siècle,
le danger
atteint son
paroxysme,
forçant
même la
population la
plus
exposée
à
quitter la
vallée.
* 8
septembre 1589
: inondations
et destruction
de la route de
la
vallée
* 1626
: inondations
importantes
menant
à
l'évacuation
d'une partie
de la
population *
1629, 1630 :
inondations et
dégâts
dans la
vallée
* 4
août
1633 :
inondations
importantes,
18 maisons et
6000 arbres
détruits
ou
endommagés,
la
moitié
de la
population de
la
vallée
doit quitter
les lieux * 1680
: des crues au
cours de
l'été
détruisent
des
ponts et
provoquent des
dégâts
dans la
vallée
*
1719, 1724,
1733, 1740 :
inondations *
1752, 1755,
1764, 1766 :
inondations,
en 1755 elles
se produisent
en hiver alors
que le
phénomène
a
habituellement
lieu en
été
* 17
septembre 1772
: une crue
soudaine
endommage 18
habitations *
1790, 1793,
1798, 1808,
1827 :
inondations *
1828, 1834,
1837, 1839,
1850 :
inondations *
1920-1922 :
quelques
inondations
mineures * 30
août
1965 :
catastrophe de
Mattmark (voir
ci-dessous) * 15
mars 1976 :
l'écoulement
des eaux est
perturbé
par de la
glace * 31
octobre et 1er
novembre 1999
: environ
160000 m3 de
glace se
détachent
mais ne
provoquent pas
de
dégâts
* 30
juillet 2000 :
1 million de
m3 se
détachent
à 8h52,
pas de
dégâts
La
Catastrophe.
En
1926, ce
danger fut en
partie
écarté
grâce
à la
réalisation
d'une galerie
d'évacuation
des eaux du
côté
est de la
vallée.
Mais le
glacier fut
à
l'origine
d'une autre
menace puisque
la
stabilité
dans sa partie
terminale
diminua. La
masse de glace
n'était
en effet plus
supportée
par la
barrière
glaciaire
présente
au fond de la
vallée
et le glacier
s'arrêtait
désormais
dans une pente
abrupte. Le 30
août
1965, lors de
la
construction
du barrage du
Mattmark, une
imposante
masse de glace
se
détache
de la langue
glaciaire et
s'abat
à 100
km/h sur le
chantier
après
400
mètres
de course,
tuant 88
ouvriers. Le
recul
prévu
du glacier
devrait
à
l'avenir
écarter
définitivement
le
danger
puisqu'il se
trouvera sur
une surface
plus plane
où la
glace ne
pourra plus
tomber aussi
facilement.
Source
Wikipédia.
Nos aïeux ont
vu ...
1860
: La grande crue de
l'Arveyron de la Mer de glace.